L'Etat de l'UE après le Brexit

Mission auprés de l'UE
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« Les négociations sur le retrait du Royaume-Uni ne commenceraient que lorsque le pays notifiera officiellement l'UE de son intention de se retirer, » dixit Didier Reynders, Vice-Premier Ministre Belge et Ministre des Affaires Etrangères et Européennes. Il parlait le 4 juillet 2016, en tant que membre d’un panel d'experts

débattant sur le thème de 'L'état de l'Union Européenne après le referendum Britannique de quitter l'UE au Palais d’Egmont, à Bruxelles, Belgique. L’organisateur, DLA- Piper- le cabinet d'avocats international a publié un rapport détaillé à la fin des discussions.

Après les remarques introductrices des Co-Directeurs Associés de DLA Piper, L’Ambassadeur Marc Otte de l'Institut Egmont a souhaité la bienvenue aux quatre discutants de haut niveau présents pour la soirée: Margrethe Vestager, Commissaire Européenne à la Concurrence; Didier Reynders, Vice-Premier Ministre Belge et Ministre des Affaires Etrangères et Européennes; Herman Van Rompuy, ancien Premier Ministre Belge et Président Emérite du Conseil Européen, et; Tim Oliver, 'Dahrendorf Fellow' des relations Europe- Amérique du Nord de la London School of Economics.

Le débat était animé par le Commentateur-en-Chef Européen du Wall Street Journal, Simon Nixon, qui a immédiatement demandé aux invités si, et comment le résultat du referendum pouvait redynamiser et réinitialiser le projet Européen.

Le Commissaire Vestager a qualifié de 'problème inquiétant' l'absence de juste redistribution des bénéfices provenant de l'intégration Européenne. En effet, le peuple ne voit ni ne sent les bénéfices promis par l'UE, il se sent alors abandonné, et développe un avis négatif au sujet de l'Europe. C'est pourquoi l'Union doit honorer ses promesses et engagements quant à son ouverture, sa non-exclusion et sa prospérité, particulièrement pour les jeunes.

Le Ministre des Affaires Etrangères, Didier Reynders, a signalé que les négociations sur le retrait du Royaume-Uni ne commenceraient que lorsque le pays notifiera officiellement l'UE de son intention de se retirer. Selon lui, le Royaume-Uni aujourd'hui hésite à officiellement notifier l'UE car il a peur des conséquences potentielles de cette décision. Reynders a également reconnu que de bonnes relations entre l'UE et le Royaume-Uni étaient importantes. Répondant à la question posée par Nixon concernant la réinitialisation du projet Européen, le Ministre ajoute que l'UE doit également discuter des trois éléments essentiels au point-de-vue interne, à savoir: le problème de la création d'emploi et de la croissance, en se concentrant particulièrement sur l'économie numérique et l'énergie; la question des valeurs Européennes, d'une importance cruciale surtout pour la jeune génération; la question de la légitimité. Afin de donner aux leaders Européens une réelle légitimité, Reynders propose que certains membres du Parlement Européen soient élus par une 'section' Européenne, qui couvrirait l'Europe entière.

Van Rompuy a avancé le fait que le referendum Britannique était en réalité un vote sur les politiques nationales. Selon l'ancien Président du Conseil Européen, la relation du Royaume-Uni à l'UE a toujours été spéciale, puisque le pays n'a jamais totalement adhéré à l'Union (refus de l'Euro, refus de Schengen, clauses régulières d'opting-out sur divers sujets). Van Rompuy a continué en expliquant qu'une analyse du vote montrait clairement un fossé entre générations. De plus, il n'est pas possible d'être membre de l'UE et s'accorder de tous les avantages accompagnant cette adhésion, sans jamais faire de concessions. Dans cette analyse, l'ancien Président a comparé la situation Britannique à celle de la Grèce, disant que cette dernière avait dû faire des concessions, et que le Royaume-Uni doit maintenant faire de même.

L’Adhésion de l'Ecosse à l'UE était peu probable, puisque cela encouragerait le séparatisme Européen, or des Etats Membres tels que l'Espagne refuserait ce genre de procédé. Il a conclu en indiquant qu'avec le Brexit, un débat sur le 'futur de l'Europe' a également été ouvert. Selon lui, un mélange entre une 'Europe de résultats '- centrée sur les problèmes qui concernent les citoyens directement tels que le chômage ou le terrorisme - et une 'Europe de la nécessité' - avec un focus sur les mesures permettant d'approfondir le marché unique, est un enjeux crucial.

Finalement Van Rompuy a prévenu que les conséquences économiques du Brexit ne seraient qu'un 'avant-gout', précisant que le coût économique du Royaume-Uni quittant l'UE ne serait rien comparé à celui du départ d'un membre de la zone Euro.

Tim Oliver a particulièrement centré son attention sur ce qui a conduit les Britanniques à vouloir quitter l'UE. Selon lui, ce vote était celui des 'oubliés' de la mondialisation, et a été produit en fonction d'un certain nationalisme, de certaines valeurs, mais aussi en fonction des politiques domestiques Britanniques. Il a poursuivi en expliquant que ce vote engendrera surement beaucoup de colère parmi la population Britannique, lorsque celle-ci réalisera qu'on leur a fait de fausses promesses, et que les dirigeants échoueront à mettre en place un projet crédible quant au départ du Royaume-Uni. Finalement, il a pointé du doigt le fait que ce vote pouvait constituer une 'rupture de confiance' avec l'UE, mais aussi entre les Etats Membres de l'UE, tout en apportant un 'bazar constitutionnel, politique et économique'.

A la remarque de Nixon disant que le Royaume-Uni ne désirait en fait pas quitter l'UE, et désirant savoir si l'UE devait autoriser cette décision, le Commissaire Vestager a répondu que cela ne dépendait plus que du Royaume- Uni. Van Rompuy a ajouté que le fait que le leadership Britannique n'avait pas de plan à mettre en place rend toute l'opération 'irresponsable', ajoutant que maintenant le Royaume-Uni était face à un dilemme. Ceci a été approuvé par le Ministre des Affaires Etrangères Belge, qui a exprimé le souhait que la procédure de retrait commence rapidement, afin de ne pas détériorer les relations existantes entre l'UE et le Royaume-Uni.

Tandis que Nixon demandait quel type d'accord pouvait être implémenté, le Commissaire Vestager a répondu que le Royaume-Uni devait d'abord notifier à l'UE son intention de partir avant qu'une nouvelle relation ne commence à s'établir. Reynders a partagé ce point de vue, ajoutant cependant qu'il existe aussi la deuxième possibilité d'accords bilatéraux entre le Royaume-Uni et chaque Etat Membre, bien qu'elle soit plus compliquée. Oliver a également théorisé un 'retour' du Royaume-Uni dans l'UE, qui pourrait se faire via un second referendum, un rejet du vote par la Chambre des communes ou encore par le résultat de nouvelles élections générales.

Simon Nixon a ensuite proposé aux invités de partager leur opinion sur la légitimité de l'UE, et son habilité à apporter des solutions partagées à des problèmes partagés. Van Rompuy a répondu que l'UE avait déjà fourni une grande quantité de solutions à des problèmes compliqués dans le passé (telle que la solution à la crise de la zone Euro). Il a également appelé a plus de volonté politique et d''esprit Européen' afin d'être certains que l'UE continue à pourvoir ses citoyens de solutions efficaces. Selon le Commissaire, l'UE a besoin de solutions Européennes mais aussi nationales. En effet c'est par des postions concurrentes et des idées diverses que l'UE est si dynamique. Reynders a ajouté qu'il peut être difficile de trouver un accord à 27, c'est pourquoi il faut qu'un maximum de mesures concrètes soient prises entre un maximum de participants, mais pas tous si cela n'est pas possible.

Le Commissaire a ajouté qu'afin de défendre l'Europe, il ne fallait surtout pas prétendre à la perfection. Selon elle, il faut être plus pragmatique - en effet, 'l'Europe en marche' et ambitieux doit améliorer son fonctionnement.

Le Président Van Rompuy a conclu en disant que les principales responsabilités sont entre les mains des Etats Membres. Il est encourageant que la jeunesse ait choisit l'Europe en une écrasante majorité, et le fait qu'ils soient contraints à vivre dans un monde qu'ils n'auront pas choisi est un 'défi moral'.

L'évènement était co-organisé par DLA Piper et le prestigieux Institut Egmont - Institut Royal des Relations Internationales à Bruxelles, afin de fournir plusieurs points de vue approfondis et de haute qualité de la part de figures politiques Européennes sur l'état de l'Union après la décision du Royaume-Uni de quitter l'UE. Parmi les 400 invités se trouvaient des diplomates, d'éminents clients et des associés et avocats de DLA Piper.

Ambassadeur

Ambassador Daniel EVINA ABEE

S.E. Monsieur Daniel EVINA ABE'E
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